Les Misérables: Une production qui nous saisit dès les premières minutes

Il ne faut que quelques minutes pour comprendre que Les Misérables joue dans la cour des grandes productions. La mégaproduction de Juste pour rire, du Théatre du Chatelet et de SPJL productions est présentée au Grand Théâtre de Québec jusqu’au 22 août prochain.  Dès les trois premiers tableaux, le ton est donné : puissance, émotion, qualité musicale et déploiement visuel impressionnant. Puis, le spectacle ne nous lâche plus.

Pendant près de trois heures avec entracte, on se laisse emporter par cette fresque humaine où se côtoient misère, injustice, amour, sacrifice et espoir. Inspirée du roman de Victor Hugo, l’œuvre suit le parcours de Jean Valjean, ancien prisonnier qui tente de reconstruire sa vie, dans une France secouée par les inégalités et les élans révolutionnaires.

Et malgré l’ampleur de l’histoire, aucun temps mort. La musique nous enivre, les scènes s’enchaînent avec fluidité et les frissons sont nombreux.

Paris prend vie sous nos yeux

La mise en scène visuelle constitue assurément l’une des grandes forces de cette nouvelle mouture. Les projections enveloppent littéralement les personnages et permettent de faire surgir Paris, ses rues, sa noirceur et ses bouleversements.

À plusieurs reprises, j’ai eu l’impression que les comédiens évoluaient réellement à l’intérieur du paysage plutôt que devant un décor. Les structures architecturales mobiles combinées aux projections permettent littéralement de nous projeter dans les différents lieux.

On sent la grande production jusque dans les détails : environ un millier de costumes venus de France habillent la cinquantaine d’artistes présents sur scène, musiciens compris.

Des voix dignes des grandes scènes

La qualité musicale et artistique de la distribution est remarquable. Alex Gaumond est magistral en Jean Valjean. Il nous offre un personnage profondément humain, vulnérable et touchant, porté par une voix exceptionnelle.

Et que dire de Klara Martel-Laroche dans le rôle de Fantine? Quelle voix! Son interprétation de J’avais rêvé fait partie de ces moments où le temps semble suspendu.

Ma découverte de la soirée demeure toutefois Stanley Kassa dans le rôle d’Enjolras, chef des révolutionnaires. Sa voix, son aplomb et son jeu donnent une véritable force au personnage et à tout l’élan révolutionnaire.

Les Thénardier : une bouffée d’air parfaitement dosée

Dans une œuvre aussi sombre, il fallait oser créer des respirations. Les Thénardier remplissent parfaitement cette mission. Debbie Lynch-White et Roger La Rue apportent une pointe d’humour bienvenue sans dénaturer l’univers des Misérables.

On rit, on reprend notre souffle… avant d’être replongés dans l’émotion.

Le Grand Théâtre : un écrin à la hauteur

Difficile d’imaginer meilleur écrin à Québec pour une production de cette ampleur. La salle Louis-Fréchette possède une scène permettant d’accueillir des décors et des dispositifs scéniques complexes, mais c’est surtout la qualité du son qui m’a frappée lors de cette représentation. Cette qualité fait toute la différence. Les voix prennent leur envol et l’orchestre de 16 musiciens soutient magnifiquement les interprètes. On n’entend pas seulement la musique : on la ressent.

Une tournée qui se poursuit en France

Cette version des Misérables possède tout ce qu’il faut pour dépasser largement nos frontières. La qualité des voix, le jeu des interprètes, les décors, les costumes et la force visuelle de l’ensemble en font, à mes yeux, une production digne des grandes scènes de Broadway et de rayonner dans la grande francophonie.

Les Misérables, une belle vitrine pour le talent d’ici!

Encore quelques dates à Québec  BILLETS

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Activité vécue par Martine Haché et sa famille

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